Chronique: Youssoupha – Noir Desir (2012)

Pour commencer il est vrai que ca fait longtemps que je n’avais pas redigé de Chroniques sur StriclyHipHopMag.com , mais pour un bon sujet, il ne faut pas qu’un disque, il faut tout un concept et un contexte autour. Et là c’est le cas.

Car si un album a été bien amené ces derniers mois, il s’agit bien de ce “Noir Desir” de Youssoupha, precedé il y’a peu de la digitape “En Noir Et Blanc” qui a affiché de très bons resultats (qualitatif et en ventes) avec des clips, des titres forts. Du coup dire de cette sortie qu’elle etait attendue est un doux euphemisme. Passé les polémiques avec Mr.Zemmour concentrons nous sur ce disque.

Premier track: “L’Amour” sur une grosse prod de C.H.I (que certains vont seulement decouvrir, mais qui va enfin avoir la reconnaissance meritée). D’un point de vue prod le travail a été fait, premiere ecoute le disque est vraiment compact malgré les differents univers que l’on peut retrouver et les thèmes abordés. Niveau ecriture, Youssoupha franchit encore un cap, et au niveau des manières de poser aussi, il se lache plus et sort du shema classique. Sans doute le fait d’être desormais un artiste en place, quoi que certains en pensent. Car il a definitivement franchi un cap au niveau de la notoriété. Il le sait, il en joue, le rappelant dans des moments plus egotrips (“l’avantage avec le buzz c’est que même ceux qui ne t’aiment pas t’ecoutent”).

Pour son troisième album, il a su atteindre son niveau avec des titres comme “Viens”, “L’Enfer C’est Les Autres”, “J’ai Changé”, s’autorise des prises de risques comme le titre “Histoires Vraies” avec Corneille qu’il n’aurait pas pu faire sur son premier disque, et une surprise de taille a l’ecoute du sommet du disque, “La Vie Est Belle” avec l’instru a mi-chemin entre melodieuse et sequences dubstep avec la presence de Kery James a la fin qui fait une intervention parlée (un peu comme Aznavour sur ”A l’Ombre du Show-Business” de KL, comparaison non faite au hasard).  Peu de featurings sur ce disque, si ce n’est son cercle de travail Bomayé essentiellement: Taipan (sur le très bon “Bouche à Oreille”), S-Pi, Sams, sinon ceux evoqués au dessus et Indila sur un refrain egalement.

Impossible de nier la qualité de ce disque, et il s’approche enfin de ce qu’il voulait faire avec son premier album, qui aurait du s’appeler “Negritude” et qui avait été modifié, on se demande bien pourquoi. Preuve de sa nouvelle position, déjà plus decomplexée.

Certains en parlent déjà comme le disque de l’année, le temps nous le dira. D’un côté esperons que non car nous sommes que fin janvier, ce sera dommage de resumer une année rapologique a un seul disque, mais il devrait bien sur être dans le TOP 5 ! Une recompense ? Non simplement une preuve que le travail paie. Puis pour la beauté du geste.

<< A (ré)ecouter: “Viens”, “La Vie Est Belle”, “Bouche-à-Oreille” et “Irreversible”.

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